1 min

Le dialogue comme remède

CouvRambaudErnest

« Notre Magnifique Majesté étudia de longues années au lycée jésuite de la Providence, à Amiens, où il cultiva sa façon de voir le monde. Les jésuites étaient en même temps autoritaires et bienveillants, distants et familiers, supérieurs et humbles, ni pour ni contre mais les deux à la fois. Quiconque a reçu leur éducation en reste marqué à vie. » Comme souvent, les mots de l’écrivain sonnent plus juste que ceux du commentateur et du journaliste. Ces mots – signés Patrick Rambaud – dans « Emmanuel le magnifique, chronique d’un règne » qui vient de paraître chez Grasset sonnent justes. Surtout, ils donnent des clés de compréhension d’un président qui depuis son élection en mai 2017 s’est, un peu, réfugié sur son Aventin jupitérien. Et puis, les Gilets Jaunes sont passés par là. Demandant moins de verticalité et plus d’échanges et de dialogues.

Depuis une semaine, le président s’y colle. Plus de douze heures de débats. Sans filets. Cette semaine, le président de la République qui se voulait Jupiter est redescendu sur terre. Il s’est confronté à nouveau à la parole et au regard de l’autre. Évidemment, on pourra objecter que dans ce dialogue et dans l’interpellation, il n’y avait que des maires, c’est vrai. Toutefois, ces derniers ne se sont pas privés d’interpeller le président de la République. Parfois vivement.

Vivement certes. Mais si l’on en croit Jacques Lacan, le « dialogue paraît en lui-même constituer une renonciation à l’agressivité ». Aussi dans ce dialogue qui s’amorce, dans cet échange qui semble vouloir naître, il y a une source d’espoir. Reste à savoir ce qu’il en serait fait. On pourrait même formuler un souhait : que chacun accepte de faire un pas de côté et d’oublier ses propres certitudes et présupposés. Cela pour créer un nouvel équilibre.

Avec ce souhait, un poème contemporain qui résonne avec ce que nous vivons collectivement. Il est tiré d’un recueil de poésie contemporaine intitulé « La banlieue du monde » de Gérard Berréby (Allia éditions).

« Dès le premier jour du reste de ta vie


Après la perte de toutes les certitudes


Hourra Hourra encore en vie tu es


et à vue tu navigues


Dans la rumeur de la bêtise d’un monde
 de champs de ruines et monceaux de poussière


Déjà toutes les rues portent le même nom
Enfin l’ordre règne dans le chaos. »

Laisser un commentaire