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Une fièvre bien française

Ernest Mag Winock Vendredi

Parfois, alors que l’actualité s’enflamme, il est important et crucial de se tourner vers un livre passé qui permet de mieux cerner et de mieux comprendre certaines choses. Cette semaine, le livre du vendredi est de ceux là. En effet, pour comprendre l’ampleur de la crise que vit actuellement le pays et les raisons de l’apparition d’une forme d’insurrection, nous aurions pu nous replonger dans les Misérables de Victor Hugo. Il y écrit ceci : « L’émeute est une sorte de trombe de l’atmosphère sociale qui se forme brusquement dans de certaines conditions de température, et qui, dans son tournoiement, monte, court, tonne, arrache, rase, écrase, démolit, déracine, entraînant avec elle les grandes natures et les chétives, l’homme fort et l’esprit faible, le tronc d’arbre et le brin de paille. Malheur à celui qu’elle emporte comme à celui qu’elle vient heurter! Elle les brise l’un contre l’autre. »

La convulsion révolutionnaire avant l’humanisme

Mais nous avons choisi plutôt de se tourner vers un essai. Celui magistral et indispensable, pour quiconque veut mieux comprendre la France, de Michel Winock : « La fièvre hexagonale », paru en Points Seuil. Dans cet ouvrage historique et politique, Winock revient sur tous les mécanismes qui ont engendré toutes les grandes crises politiques en France, il détaille en historien minutieux, les différentes raisons de ces réformes qui adviennent suite à des convulsions. Winock ouvre des pistes de réflexions passionnantes et puissantes. Ses apports historiques sont une mine d’or et surtout, surtout, une forme d’espoir germe à la fin de l’ouvrage. Oui la France est un pays de convulsions révolutionnaires, mais ensuite, elle parvient toujours à trouver un consensus humaniste. Espérons, pour le consensus humaniste, que l’histoire se répètera.

Tous les livres du vendredi sont là.

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