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L’art, notre socle commun

Mccartney

De 15 à 80 ans. Les visages de Josiane et Nils sont tournés vers la scène. Tous les deux sont émus. Ils chantent à tue tête. Sur scène, un petit gars de Liverpool né il y a 76 ans chante un hymne universel : Hey Jude. 40 000 personnes de tous âges, de toutes les classes sociales, de toutes les origines, reprennent les paroles de Paul McCartney : « Hey Jude don’t make it bad, take a sad song, and make it better ». Puissance de la musique. Puissance de l’intemporel. Puissance de l’art. Au fond, dans notre société liquide où les repères se sont estompés et ou l’on ne sait plus bien à quel saint se vouer, l’art est une réponse. Forte et puissante. Rassembleuse.

Chaîne d’union artistique

Les chansons, les films et bien sûr les livres peuvent être notre socle commun. Ils peuvent être notre chaîne d’union le temps qu’une cause plus large, plus forte ne se dessine. Le temps d’entrevoir l’horizon, chantons, lisons, regardons. Les artistes sont aujourd’hui ceux qui créent le plus de commun. Et par cette expérience sensible qu’est l’écoute d’une chanson, la découverte d’une peinture, l’harmonie avec un film ou la rencontre avec un livre naîtra forcément du positif. C’est d’ailleurs ce qu’écrit le poète Sheymus Dagtekin dont nous a tant parlé Alexandre Bord dans Mort à la Poésie. 

« Faites de votre vie un chef-d’œuvre, conseillait un penseur. Être conscient que la vie trouve sa mesure en elle-même, qu’elle peut se transformer en chef-d’œuvre et qu’elle n’a besoin ni des pierres d’Éthiopie, ni des milliers d’esclaves et de cadavres afin de s’ériger tombeaux et monuments pour s’imaginer grandeur et éternité. Qu’on peut s’édifier à partir de ses propres ressources. Et que cette faculté est à la portée de tous.
La poésie, la création sont la revendication du potentiel d’édification de chacun.
(…)La poésie, la création, c’est instaurer avec l’autre un rapport d’égalité, d’échange et de découverte pour sortir de la logique du pouvoir, fondée sur l’invasion et la soumission. »

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