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L’électrochoc ou la mort

Ernest Mag Electrochoc

« Petit à petit, on s’accommode de la gravité et on se fait complice de la tragédie qui est en cours de gestation ». Mardi 28 août à 8h26, l’inattendu surgit dans une matinale de radio. Nicolas Hulot, ministre de l’écologie annonce sa démission. Sans avoir prévenu personne. Ses mots sont forts. Ils claquent. Ils sont beaux car inattendus. Comme si l’inattendu rajoutait de la beauté à la décision. Comme dans les romans au fond. Quand des surgissements changent le cours d’une narration. Au font, Hulot en prenant cette décision veut provoquer un choc et faire réagir en posant un débat de fond. Comme l’auteur d’un roman, il veut faire changer la narration du monde. Celle qui ne met jamais en premier lieu l’homme et la planète. Comme dans un roman vrai. Comme ces romans qui sont remplis de vérités.

Salutaire inattendu

Ces mots sont issus du roman de la réalité. Ils ne sont plus ceux des excellents romans d’anticipation et de science-fiction qui d’innombrables fois ont narré l’effondrement d’un monde – le nôtre – du fait de la négligence des hommes par rapport à leur environnement. Les romanciers nous avaient donc alertés.
Ces mots sont issus du roman de la réalité. Ils ne sont plus ceux d’excellents essais qui eux aussi ont tenté de faire prendre conscience de la tragédie en cours. Difficile en écoutant les phrases de Nicolas Hulot de ne pas penser à l’essai de Jared Diamond, « l’effondrement » dans lequel il ausculte la façon dont les civilisations disparaissent.
Ces mots sont issus du roman de la réalité. Ce sont ceux d’un ministre qui pressent que la réalité nous échappe. Il tire la sonnette d’alarme. Espérons que ce sera la dernière et que cet inattendu aura fait office d’électrochoc.

Tous les éditos d’Ernest sont là.

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