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Mousquetaires de l’imaginaire

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Adapter au cinéma un livre est toujours complexe. Cela d’autant plus lorsqu’il s’agit, peut-être, de l’un des plus grands classiques de la littérature hexagonale. Qu’en est-il des “Trois mousquetaires” de Martin Bourboulon et de son “Milady” ? Alors, “Un pour tous et tous pour un” ou pas ?

L’œuvre intemporelle d’Alexandre Dumas, “Les Trois Mousquetaires”, a été maintes fois adaptée au cinéma, mais les récentes versions de Martin Bourboulon, “D’artagnan” et “Milady”, offrent des interprétations modernes de ce classique de la littérature.

Capture D’écran 2024 01 05 À 16.37.00On le sait, le roman de Dumas est réputé pour ses personnages fougueux et ses intrigues palpitantes. Il plonge le lecteur dans l’univers flamboyant du jeune D’Artagnan, des mousquetaires Athos, Porthos et Aramis, et de la mystérieuse Milady de Winter. L’histoire regorge de duels, de complots, d’amour et d’honneur, et la plume de Dumas captive par sa vivacité et son intrigue. Les films de Bourboulon, bien qu’inspirés par l’esprit du roman, prennent des libertés créatives pour s’adapter au format cinématographique. “D’artagnan” et “Milady” présentent des variations subtiles dans l’intrigue, les relations entre les personnages et le développement des événements, cherchant à offrir une perspective moderne et une touche de fraîcheur à cette histoire classique.

Dans “D’artagnan”, le premier opus de sa trilogie,  le réalisateur se concentre sur l’ascension de D’Artagnan, offrant une vision plus contemporaine du jeune gascon qui cherche sa place dans le monde des mousquetaires. Les relations entre les personnages sont parfois reconfigurées pour apporter des dynamiques différentes, offrant des nuances aux interactions bien connues des lecteurs du roman. “Milady” explore plus en profondeur le personnage énigmatique de Milady de Winter, plongeant dans son passé et ses motivations. Bourboulon offre une perspective plus complexe de ce personnage, dévoilant ses facettes sombres et ses aspirations, élargissant ainsi l’univers moral ambigu du récit. Reste que la volonté de Dumas n’était pas vraiment celle-ci.

Ces adaptations cinématographiques ont le défi délicat de capturer l’essence d’un roman classique tout en offrant une expérience visuelle et narrative attrayante pour le public contemporain. Bourboulon réussit à insuffler un vent de modernité tout en préservant l’essence des personnages et des intrigues de Dumas. Cependant, certains puristes pourraient relever des divergences narratives ou des interprétations libres qui s’éloignent du roman original. Pourtant, ces différences permettent aussi d’explorer de nouvelles facettes des personnages bien-aimés, offrant ainsi une perspective alternative et rafraîchissante aux fans de l’œuvre de Dumas. Ces films “D’artagnan” et “Milady” de Martin Bourboulon offrent une relecture moderne et captivante de l’univers des Trois Mousquetaires. Ils réinventent avec brio cette histoire légendaire tout en préservant son essence intemporelle, offrant ainsi une expérience cinématographique fascinante pour les amateurs du roman et du grand écran.

Les 7 différences

Si l’on s’amuse aux jeux des différences dans le détail. Dans le roman, l’accent est mis sur l’ensemble des mousquetaires : D’Artagnan, Athos, Porthos et Aramis, avec des intrigues entrelacées. Les personnages évoluent ensemble tout au long de l’histoire. Les films de Bourboulon choisissent de centrer davantage l’histoire autour de D’Artagnan dans “D’artagnan” et de Milady de Winter dans “Milady”. Ces films donnent une place plus prépondérante à ces personnages spécifiques, approfondissant leurs histoires personnelles. Là n’est pas cependant la modification la plus importante. Les films viennent ainsi réorganiser les arcs narratifs en modifiant parfois la chronologie des événements ou les séquences pour maintenir un rythme cinématographique plus soutenu.
Ainsi, certaines sous-intrigues ou détails du roman sont simplifiés ou omis pour se concentrer sur les moments-clés ou les éléments jugés plus visuellement accrocheurs pour le grand écran.

Les 3 Mousquetaires D’Artagnan

© 2023 CHAPTER 2/PATHE FILMS/M6 FILMS

De même, toujours dans le creuset des différences entre les exigences littéraires et les exigences cinématographiques, le film réinterprète les relations. Ainsi, les dynamiques entre les personnages peuvent être légèrement altérées dans les films pour créer des interactions plus intenses ou des conflits dramatiques. Par exemple dans le roman, les relations entre D’Artagnan et les trois mousquetaires sont complexes, mais dans les films, cette dynamique peut être réinterprétée pour renforcer les liens spécifiques avec un personnage plutôt qu’avec l’ensemble du groupe.

De même, le cinéaste choisit de mettre l’accent sur certains personnages. Ainsi, les films de Bourboulon accordent plus d’attention à l’histoire personnelle de Milady de Winter, plongeant plus profondément dans ses motivations et ses actions, offrant ainsi une perspective plus nuancée de ce personnage. En somme, les adaptations cinématographiques de Martin Bourboulon offrent une vision plus resserrée et parfois réinterprétée des Trois Mousquetaires, modifiant la narration, le développement des personnages et les relations pour répondre aux exigences du format cinématographique tout en préservant l’essence et le charme de l’œuvre originale d’Alexandre Dumas.

Plus dommageables sont les écarts avec le récit de Dumas. Constance Bonacieux, dont le jeune d’Artagnan n’a de cesse de réclamer les faveurs, n’est pas ici la savoureuse épouse d’un bourgeois jaloux et chicaneur mais une ingénue.Aramis apparaît quant à lui non plus comme un jésuite en rupture de ban mais comme un protestant quelque peu complotiste. Et au lieu de développer comme il se doit l’histoire des ferrets de diamants que la reine a imprudemment offerts à son soupirant Buckhingham, le film la réduit à une cavalcade.

Au-delà de ce que certains apprécieront tandis que d’autres crieront au détournement d’une oeuvre, ce qui est fou et réjouissant est d’imaginer les plus jeunes spectateurs se ruer sur l’œuvre de Dumas. Alors, tout cela n’aura pas été vain et Cinéma et Littérature, pourront alors crier “Un pour tous, tous pour un”.

Toutes les enquêtes d’Ernest sont là.

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