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S’émerveiller, toujours.

Pete Wright Umyvrlx0ma8 Unsplash

Magie de Noël. Rien qu’en écrivant ces trois mots, on entend les sarcasmes des rieurs, on voit les haussements d’épaules des blasés, ou on reçoit les mots blessants des méchants.  L’expression est éculée ? Peut-être. Mais, chez Ernest, on aime toujours changer de lunettes pour tenter de mieux voir. Chaussons d’autres lunettes pour parler de cette expression « Magie de Noël ». Ça y est, vous êtes prêts ? Vous avez mis vos nouvelles binocles ?
Si l’on s’y arrête quelques instants, ces mots disent quelque chose de beaucoup plus profond qu’une simple volonté commerciale. Ils disent ce qui manque à notre condition de tous les jours. Elle nous tend le miroir de l’enfant que nous étions. Capable de nous émerveiller de tout, de rien, de faire de chaque instant de nos vies un moment de découverte. Dans son dernier livre « Sauver la beauté du monde » (éditions de l’Iconoclaste), Jean-Claude Guillebaud, grand reporter et écrivain nous donne une arme pour éloigner les rieurs et nous complaire dans l’émerveillement. Il cite Vauvenargues « C’est un grand signe de médiocrité que de louer toujours modérément ». Dans son livre Guillebaud insiste d’ailleurs sur notre incapacité qui nous rend malheureux à nous émerveiller du monde qui nous entoure et a fortiori à nous émerveiller de la nature, pour la sauver. Oui, l’écologie peut aussi être un émerveillement. Plus largement, alors que cette période de fin d’année est pour nombre d’entre nous un moment de ressourcement, il est crucial de remettre au goût du jour cette idée d’émerveillement. C’est en s’émerveillant d’abord que l’on peut ensuite rêver d’un autre monde, réinventer sa vie, repenser ses rapports avec les autres, ou encore imaginer collectivement de nouvelles voies.

C’est souvent l’émerveillement de quelques uns qui a changé la donne du monde pour améliorer l’homme et la société.
Récemment, en préparant un article, nous sommes tombés sur la liste des dix mots préférés d’Albert Camus. Elle fut une source d’émerveillement. La voici : « Le monde , la douleur , la terre , la mère , les hommes , le désert , l’honneur , la misère , l’été , la mer ». Elle dit l’homme, mais aussi, finalement l’essentiel des Hommes. Et une autre fois, en rangeant des livres plus anciens, c’est une autre phrase qui a attiré l’attention pour nous inspirer finalement cet édito.
La voici : « Ah, le bonheur utile des longues promenades où respirer est penser. Je marche dans la forêt. Je mesure le progrès des fougères qui, soudain déroulées, déploient leur tapis de haute verdure. Je sens mes pas épouser la souplesse du chemin. Le silence et l’espace me guérissent du mal des villes. J’ai coupé par les champs et les bois et marché deux heures. La lumière dorée qui traversait en gloire le ciel noir couronnait de majesté le sommet des collines où la hêtraie résiste encore à l’agression des résineux. La fatigue m’a planté plusieurs fois sur place, comme un arbre : les racines poussent vite à qui sait s’arrêter. Mais il fallait déjà rentrer ».  De qui est cette phrase inspirante ? Voici le petit concours de Noël.

En attendant, bonnes fêtes pleines d’émerveillements chères Ernestiennes et Ernestiens.

Cet édito paraît le dimanche dans l’Ernestine, notre lettre inspirante. Inscrivez-vous, c’est gratuit. Puis il paraît ensuite sur le site.

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