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Nous sommes tous Beate et Serge Klarsfeld

Sergebeate

27 janvier 1945, les soldats russes arrivent en Pologne. Pas loin de Cracovie. Ils découvrent l’horreur. « Nous appartenions à un monde de morts et de larves. La dernière trace de civilisation avait disparu autour de nous et en nous », écrira Primo Levi dans « Si c’est un homme » pour dire cette horreur qu’il y a 74 ans jour pour jour les Russes ont vu quand ils sont entrés dans le camp d’Auschwitz-Birkenau. 74 ans après, selon un sondage de l’IFOP en décembre 2018, 21 % des jeunes de 18 à 24 ans déclarent n’avoir jamais entendu parler du génocide des juifs. Plus largement, l’étude montre avec acuité à quel point la connaissance de cette partie sombre de l’histoire humaine n’est pas bonne du tout.

En ce jour de commémoration, ces chiffres font froid dans le dos. Ils sont glaçants et nous interrogent sur la façon dont nous pouvons continuer de passer cette mémoire cruciale alors que les survivants ne sont quasiment plus. Doit-on rappeler cette maxime célèbre selon laquelle un « peuple sans mémoire est un peuple sans avenir » ?  Certainement. Et plus que jamais.

Au fond, notre devoir actuel est d’être tous à la hauteur de ce que nous ont transmis Beate et Serge Klarsfeld dans leur travail incessant pour la mémoire et contre l’oubli.
Sans l’action de chacun et de chacune pour être les gardiens et surtout les passeurs de cette mémoire, alors, l’avenir s’assombrira. Faut-il rappeler que les actes antisémites ont cru en France de 69% l’an passé ? Le travail est là. Ils nous attend.

Sinon, nous serons tel le Myosotis de Robert Desnos.

Ayant perdu toute mémoire
Un myosotis s’ennuyait.
Voulait-il conter une histoire ?

Dès le début, il l’oubliait.
Pas de passé, pas d’avenir,
Myosotis sans souvenir.

Tous les éditos d’Ernest sont là.

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